Les Dents de la Mer

Publié le par Sylvie

La réputation de bêtes qui tuent sans discernement a aussi valu aux requins d'être pêchés intensivement et sans scrupules.
Mis en scène, voire caricaturés par Steven Spielberg dans la série de films Les Dents de la mer, les grands requins blancs inspirent la frayeur et le dégoût. Pourtant, explique Jean-Michel Cousteau, ils sont loin de la bête sanguinaire décrite par le cinéma hollywoodien. «J'ai même eu l'occasion de nager sans cage avec des requins blancs en Afrique du Sud, non pas pour le risque que cela représentait, mais plutôt pour démontrer que ce ne sont pas les animaux agressifs qu'on a voulu dépeindre, notamment au cinéma», souligne-t-il. Selon lui, des films comme Les Dents de la mer et Océan noir ne constituent qu'un «abus de la méconnaissance du public pour satisfaire des intérêts purement économiques».

«Énormément d'espèces de requins sont complètement inoffensives. En fait, il existe à peine cinq espèces avec lesquelles il faut faire plus attention», rappelle celui qui a observé des dizaines de ces prédateurs, et ce, depuis plus de 40 ans. Même les plus gros poissons vivant sur le globe, les requins baleines et les requins pèlerins, se nourrissent exclusivement de plancton, qu'ils filtrent dans l'eau à la manière de certains cétacés.

«Et il n'y a pas plus d'une dizaine d'attaques fatales par année à travers le monde», précise-t-il. Ces cas, essentiellement des baigneurs happés par des requins, sont toutefois spectaculaires et amplement couverts dans les médias. Dans ce contexte, difficile de susciter la sympathie de la population. Au grand désarroi de Jean-Michel Cousteau, qui ajoute qu'«on ne parle pas des milliers de personnes qui meurent [chaque année] d'une piqûre de guêpe ou d'une morsure de serpent». D'ailleurs, selon l'International Shark Attack File de l'Université de Floride, 150 personnes sont tuées sur des plages chaque année par la chute de noix de coco, soit 15 fois plus que le nombre de victimes de requins. 


 «Heureusement, il y a de plus en plus d'informations, comme des documentaires, qui servent à sensibiliser le public à l'importance et la beauté de ces animaux, qu'il faut absolument voir évoluer dans leur milieu naturel. Plus l'éducation fait son chemin, mieux nous serons outillés pour les protéger. Sinon, tôt ou tard, le sort réservé aux requins finira par affecter la qualité de vie des êtres humains», prédit J-Y C.
http://www.fredshark.net/

 

Publié dans La faune Maritime

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